Guides · avant qu’il ne soit trop tard
Le nom de domaine, c’est l’adresse de votre entreprise sur internet. Celui qui figure comme titulaire en détient les droits. Voici comment vérifier que c’est bien vous, en cinq minutes, et quoi faire si ce n’est pas le cas.
Publié le 2 octobre 2026
Cette semaine, on nous a demandé de regarder pourquoi le site d’une entreprise ne s’affichait plus. Le site n’était pas cassé. Son nom de domaine venait d’être transféré chez un autre prestataire, et pendant le transfert, plus rien ne menait au site. L’adresse avec « www » renvoyait « site introuvable ». Sans « www », une page d’attente en allemand.
Personne dans l’entreprise ne savait qui avait lancé le transfert, ni qui avait les identifiants. C’est le vrai problème, et il est beaucoup plus courant qu’on ne le croit.
Le nom de domaine, c’est l’adresse : votre-entreprise.fr. Il se loue à l’année auprès d’un bureau d’enregistrement, un prestataire agréé.
L’hébergement, c’est l’endroit où les fichiers du site sont stockés. Il peut être chez le même prestataire que le domaine, ou chez un autre.
Les réglages DNS font le lien entre les deux. Ce sont eux qui disent « l’adresse votre-entreprise.fr mène à tel serveur ». Si ce lien saute, le site existe toujours, mais plus personne ne le trouve. C’est exactement ce qui s’est passé dans l’exemple ci-dessus.
Vous pouvez avoir un site parfait, payé et à jour. Si le nom de domaine n’est pas à vous, vous ne maîtrisez pas l’adresse où vos clients le trouvent.
Ce que dit l’Afnic, qui gère les adresses en .fr
« Le titulaire d’un nom de domaine est la personne (physique ou morale) qui figure comme tel dans la base Whois et qui détient ainsi les droits associés. »
Le guide de l’Afnic cite lui-même, parmi les situations qui finissent en litige, le prestataire informatique qui enregistre le nom de domaine à son nom à la place de son client, « par souci de simplicité ». Souvent sans mauvaise intention. Le résultat est le même le jour où vous voulez partir.
Cinq minutes
Consultez l’annuaire public
Pour une adresse en .fr, l’Afnic propose une recherche Whois gratuite sur afnic.fr. Tapez votre nom de domaine. Si le titulaire est une entreprise, son nom apparaît. Si c’est un particulier, vous verrez « Diffusion Restreinte » : ses données sont masquées par défaut.
Lisez le nom du titulaire
Ce doit être votre entreprise, avec sa raison sociale exacte. Pas votre prestataire, pas un ancien associé, pas le neveu qui avait fait le site en 2015.
Notez le bureau d’enregistrement
C’est le prestataire chez qui le domaine est loué. C’est à lui qu’on s’adresse pour tout : renouvellement, transfert, changement de titulaire.
Regardez la date d’expiration
Un domaine non renouvelé finit par être supprimé. L’Afnic prévoit une période de sécurité de 30 jours après l’échéance, puis le nom retombe dans le domaine public : le premier qui le réserve le prend.
Vérifiez que vous avez les accès
Un identifiant et un mot de passe pour le compte du bureau d’enregistrement, à votre adresse e-mail professionnelle. Si un seul prestataire les a, ce n’est pas un accès, c’est une dépendance.
Pas de panique, et pas d’accusation : dans la plupart des cas, il l’a fait pour aller vite. Demandez-lui simplement de transmettre le nom de domaine à votre entreprise. L’Afnic appelle cette opération une transmission. Elle passe par le bureau d’enregistrement, qui demande l’accord de l’ancien titulaire et celui du nouveau, puis met à jour la fiche.
Si vous voulez aussi changer de prestataire, il vous faut le code « auth-info » du domaine, une sorte de mot de passe du nom de domaine. Le nouveau bureau d’enregistrement vous le demandera pour faire le transfert. D’après le guide de l’Afnic, le bureau d’enregistrement doit donner accès à ce code gratuitement au titulaire, et à lui seul. D’où l’importance que le titulaire, ce soit vous.
Faites les choses dans cet ordre : d’abord la transmission à votre nom, ensuite seulement un éventuel changement de prestataire.
Un transfert mal préparé, c’est la panne de l’exemple du début. Avant de toucher à quoi que ce soit, demandez une copie écrite des réglages DNS actuels :
À corriger tout de suite
Aucune de ces situations n’est grave tant que la relation est bonne. Elles le deviennent le jour où elle ne l’est plus, ou le jour où la personne n’est plus joignable.
Si vous faites faire un site, réglez la question avant de commencer : le domaine et l’hébergement se louent au nom de votre entreprise, avec votre moyen de paiement, et le prestataire travaille dessus avec un accès délégué. C’est une ligne dans le devis, et une question à poser dès le premier échange.
C’est d’ailleurs l’une des six questions de notre guide pour choisir un freelance web. Un professionnel sérieux ne s’en offusque pas. Il vous le propose avant que vous le demandiez.
Questions fréquentes
Le titulaire inscrit dans l’annuaire est celui qui détient les droits. Si c’est votre prestataire, c’est lui, juridiquement, même si vous payez. La solution est de lui demander une transmission à votre nom. En cas de refus, il existe des procédures de résolution des litiges auprès de l’Afnic, mais elles prennent du temps : mieux vaut régler la question à l’amiable et par écrit.
Quelques euros à quelques dizaines d’euros par an selon le bureau d’enregistrement et les services associés. Ce n’est pas le prix qui pose problème, c’est le nom du titulaire et l’adresse e-mail qui reçoit les relances.
Selon l’Afnic, une période de sécurité de 30 jours suit l’échéance : pendant ce temps, vous seul pouvez encore récupérer le nom. Ensuite, il redevient libre et le premier qui le réserve le prend. Activez le renouvellement automatique, et vérifiez que la carte enregistrée est toujours valide.
Pas forcément. Mais si les serveurs DNS changent pendant le transfert et que personne n’a recopié les réglages, le lien entre l’adresse et le site saute. Le site existe toujours, simplement plus rien n’y mène. D’où l’intérêt de noter les réglages avant.
C’est le code qui prouve que vous êtes le titulaire quand vous changez de bureau d’enregistrement. Il se récupère dans votre espace client ou auprès du bureau actuel, qui doit le donner gratuitement au titulaire.
Décrivez la situation en quelques lignes : cinq freelances au maximum vous répondent, avec un prix et un délai. Gratuit, sans compte, sans commission.
Déposer mon projet