Guides · avant de vendre en ligne
Le site, c’est la partie visible. Avant de le faire construire, il faut savoir comment vous livrez, comment vous remboursez, ce que vous écrivez dans vos conditions de vente et ce que la boutique vous coûtera chaque mois.
Publié le 3 octobre 2026
La plupart des gens qui veulent vendre en ligne arrivent avec une question : combien coûte le site ? C’est une vraie question. Mais quand une boutique se passe mal, le problème vient rarement du site lui-même.
Il vient d’un colis cassé que personne n’avait prévu de rembourser, d’un client qui renvoie un article au bout de trois semaines, de frais de livraison calculés à la louche. Tout ça se règle avant de demander des devis, pas après la mise en ligne.
Dès que vous vendez à un particulier sur internet, le code de la consommation vous impose des règles propres à la vente à distance. Elles ne dépendent pas de la taille de votre entreprise. Un artisan qui vend dix bougies par mois y est soumis comme une enseigne nationale.
Avant que le client commande, vous devez lui donner un certain nombre d’informations de manière lisible : les caractéristiques essentielles du produit, son prix, la date ou le délai de livraison, votre identité et vos coordonnées, les garanties légales, la possibilité de recourir à un médiateur et les conditions du droit de rétractation (article L221-5). La plupart de ces éléments vivent dans vos conditions générales de vente et sur les fiches produit.
Au moment de valider, le bouton doit porter la mention « commande avec obligation de paiement » ou une formule tout aussi claire. Et les moyens de paiement acceptés, comme les éventuelles restrictions de livraison, doivent apparaître au plus tard au début du processus de commande (article L221-14). Ce sont des détails d’écran. Votre prestataire doit les connaître, mais vérifiez-les quand même à la livraison du site.
C’est le point qui surprend le plus les nouveaux vendeurs. Voici ce que dit le code de la consommation, tel qu’il est en vigueur aujourd’hui :
| Sujet | Ce que prévoit la loi |
|---|---|
| Délai | 14 jours, sans que le client ait à se justifier (L221-18). |
| Point de départ | La réception du bien, pas la commande. Pour une commande livrée en plusieurs colis, la réception du dernier. |
| Information oubliée | Si vous n’avez pas informé le client de ce droit, le délai est prolongé de 12 mois (L221-20). |
| Bouton en ligne | Depuis le 19 juin 2026, une fonction gratuite pour se rétracter en ligne, intitulée « renoncer au contrat ici » ou d’une formule analogue (L221-21 et D221-5). |
| Retour du colis | Le client renvoie sous 14 jours. Les frais de retour sont à sa charge seulement si vous l’en avez informé (L221-23). |
| Remboursement | Sous 14 jours, livraison standard comprise. Vous pouvez attendre de récupérer le bien ou une preuve d’envoi (L221-24). |
Certains produits en sont exclus, par exemple ceux fabriqués selon les spécifications du client ou nettement personnalisés, ceux qui se périment vite, ou ceux descellés et non renvoyables pour des raisons d’hygiène (L221-28). Si vous êtes dans un de ces cas, vous devez le dire clairement au client avant la commande.
La nouveauté de 2026 que beaucoup de boutiques n’ont pas
Depuis le 19 juin 2026, une boutique en ligne doit proposer une fonction de rétractation directement sur le site. Le texte est précis : elle s’affiche de manière visible, porte les mots « renoncer au contrat ici » ou une formule analogue, reste disponible pendant tout le délai, et se valide par un bouton « confirmer la rétractation ». Vous envoyez ensuite un accusé de réception sur un support durable, un e-mail par exemple.
Si vous faites refaire ou créer une boutique, demandez que cette fonction figure noir sur blanc dans le devis. Un modèle de boutique un peu ancien ne l’a pas forcément.
À trancher avant les devis
Les moyens de paiement
Carte bancaire seule, ou aussi paiement en plusieurs fois, virement, portefeuilles sur téléphone ? Chaque solution de paiement prend une commission sur les ventes, avec des grilles différentes. Demandez-les avant de choisir, et dites au freelance laquelle vous voulez brancher.
La livraison
Qui fait les colis, avec quel transporteur, en France seulement ou ailleurs ? Prix fixe, gratuit au-delà d’un montant, calculé au poids ? Si vous n’annoncez pas de date, la loi vous donne au plus tard 30 jours après la commande (L216-1). Et pendant le transport, le colis reste sous votre responsabilité jusqu’à la remise au client.
Les retours
Qui paie le retour, à quelle adresse, sous quel délai vous remboursez. Écrivez-le une fois, simplement. Ça évite de négocier au cas par cas avec chaque client mécontent.
Le catalogue
Combien de produits au lancement, combien de déclinaisons (tailles, couleurs), et qui les saisit. Trente fiches et trois cents fiches, ce n’est pas le même chantier.
Le stock
Une boutique seule, ou un stock partagé avec un magasin physique ? Si vous vendez aussi en boutique, il faut éviter de vendre en ligne un article parti le matin. C’est une fonction à part entière.
Qui gère au quotidien
Préparer les commandes, répondre aux questions, mettre à jour les prix. Si c’est vous, demandez une formation à la prise en main dans le devis.
Le devis de création n’est que le début. Une boutique a des frais récurrents, et ils varient beaucoup selon la solution retenue. Nous ne donnerons pas de chiffres de marché ici : ils dépendent trop de l’outil et du volume de ventes.
Listez-les avec votre prestataire avant de signer : abonnement à la plateforme ou hébergement si la boutique est installée sur un serveur, nom de domaine, commissions de la solution de paiement sur chaque vente, modules payants (transporteurs, factures, avis clients), et maintenance si l’outil demande des mises à jour. Pour ce dernier point, lisez ce que couvre la maintenance d’un site.
Une bonne question à poser à chaque freelance : « Si je vends tant de commandes par mois, combien me coûte la boutique, tout compris ? » Notez les réponses côte à côte avec les devis de création.
C’est souvent la partie que le client garde pour lui, et celle qui prend le plus de temps. Prévoyez-la dès le départ :
Ce qu’on voit trop souvent
Les manquements aux règles d’information et de rétractation de la vente à distance sont passibles d’une amende administrative allant jusqu’à 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une société (articles L242-10 et L242-13 du code de la consommation).
Quand vous avez tranché les six décisions plus haut, vous avez l’essentiel d’un bon cahier des charges. Notre modèle d’une page vous aide à le mettre en forme.
Sur CINQ, vous déposez votre projet sans créer de compte : un titre, ce que vous voulez obtenir en 120 caractères au moins, un budget et une date. Cinq freelances au maximum vous répondent, et chacun doit avoir une entreprise vérifiée pour pouvoir le faire. Indiquez votre nombre de produits, vos moyens de paiement et votre façon de livrer : les devis se compareront beaucoup mieux.
Questions fréquentes
Afficher des mentions légales, des conditions générales de vente, les informations précontractuelles du code de la consommation (prix, délai de livraison, garanties, rétractation, médiateur), un bouton de validation explicite, et depuis le 19 juin 2026 une fonction de rétractation en ligne. Si vous collectez des données, une politique de confidentialité s’ajoute.
Non. Pour la vente d’un bien, les 14 jours courent à partir de la réception par le client. Pour une prestation de services, ils courent à partir de la conclusion du contrat. Si le délai se termine un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prolongé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.
Le client, à condition que vous l’en ayez informé avant la commande. Si vous ne l’avez pas écrit, les frais sont pour vous. En revanche, vous devez rembourser les frais de livraison de l’envoi initial, sur la base de la livraison standard.
Seulement pour les cas prévus par la loi, par exemple un produit fait sur mesure ou nettement personnalisé, un produit qui se périme vite, ou un article d’hygiène descellé. Vous devez alors prévenir le client avant la commande qu’il ne bénéficie pas de ce droit.
Oui. Le code de la consommation donne à tout consommateur le droit de recourir gratuitement à un médiateur, et c’est au professionnel de lui garantir cet accès. Il faut donc en désigner un et l’indiquer dans vos conditions de vente.
Décrivez votre catalogue, votre paiement et votre livraison : cinq freelances au maximum vous répondent avec un prix et un délai. Gratuit pour vous, sans compte, sans commission.
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