Guides · après la mise en ligne
Un site n’est pas un meuble qu’on pose et qu’on oublie. Voici ce que recouvre vraiment la maintenance, dans quels cas vous pouvez vous en passer, et les lignes à exiger avant de signer un contrat.
Publié le 3 octobre 2026
Le site est en ligne, le prestataire vous envoie une proposition de maintenance mensuelle. Vous hésitez. C’est normal : on vous demande de payer tous les mois pour quelque chose que vous ne voyez pas.
Parfois, c’est indispensable. Parfois, c’est inutile. Et souvent, le contrat est si vague qu’on ne sait pas ce qu’on achète. Commençons par ce que le mot recouvre.
Une maintenance digne de ce nom fait cinq choses. Si l’une manque, demandez pourquoi :
Tout dépend de la façon dont le site est construit. Un site fait avec un CMS comme WordPress repose sur un cœur, un thème et des extensions écrits par des personnes différentes, qui publient des mises à jour chacune de leur côté. WordPress applique seul certaines mises à jour de son cœur depuis longtemps : la version 3.7 a introduit les mises à jour automatiques, et depuis la 5.6, les nouvelles installations reçoivent par défaut les versions mineures et majeures. Les extensions et les thèmes, eux, ne se mettent à jour seuls par défaut que dans des cas particuliers décidés par l’équipe de sécurité de WordPress.
Une extension qui n’est plus mise à jour depuis des mois reste installée avec ses défauts connus. Sur un site WordPress, il faut donc quelqu’un qui suive ces mises à jour, vous ou un prestataire.
Pour une boutique en ligne, c’est encore plus net. Le site encaisse de l’argent, stocke des commandes et des adresses de clients. Une panne un samedi, ce sont des ventes perdues, et une faille, ce sont des données de clients exposées.
À l’inverse, un petit site vitrine en pages statiques, sans base de données ni extensions, demande très peu. Une sauvegarde, un renouvellement de domaine bien suivi, et c’est à peu près tout. Payer une maintenance mensuelle complète pour ce genre de site n’a pas beaucoup de sens.
Les sauvegardes : la règle qu’on oublie
Une sauvegarde rangée sur le même serveur que le site ne protège pas de grand-chose. Si le serveur tombe ou si le site est chiffré par un logiciel malveillant, elle part avec.
Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public d’assistance aux victimes, recommande de planifier les sauvegardes à échéance régulière, de déconnecter le support quand on ne s’en sert pas, et de vérifier régulièrement que la sauvegarde fonctionne. Demandez à votre prestataire où sont vos sauvegardes, combien de temps il les garde, et quand il a fait sa dernière restauration d’essai.
Avant de signer
La liste des tâches et leur fréquence
Mises à jour chaque semaine ou chaque mois, sauvegarde quotidienne ou hebdomadaire. « Maintenance du site » sans détail ne vous engage qu’à payer.
Le délai d’intervention
En combien de temps le prestataire réagit si le site est en panne, et sur quels jours. Une boutique n’a pas les mêmes besoins qu’un site de cabinet.
Le temps inclus
Combien de temps de petites modifications par mois, et ce que devient le temps non utilisé : perdu, ou reporté.
Le compte rendu
Un court rapport mensuel : ce qui a été mis à jour, les sauvegardes faites, les incidents. Sans rapport, vous ne savez pas si le travail est fait.
La sortie
La durée d’engagement, le préavis, et surtout la remise des accès et de la dernière sauvegarde si vous partez. Le domaine et l’hébergement doivent être à votre nom, pas à celui du prestataire.
La frontière doit être écrite. Voici la répartition que l’on conseille :
| Tâche | Où la ranger |
|---|---|
| Mises à jour, sauvegardes, surveillance | Dans le forfait |
| Corriger ce qu’une mise à jour a cassé | Dans le forfait |
| Changer un texte, une photo, un horaire | Dans le forfait, dans la limite du temps inclus |
| Créer une nouvelle page ou une nouvelle fonction | Hors forfait, sur devis |
| Refaire le design | Hors forfait, c’est une refonte |
| Rédaction de contenus, référencement suivi | Hors forfait, prestation à part |
| Nettoyage après piratage | À préciser : inclus, plafonné ou sur devis |
Le dernier point est celui qui fâche. Mieux vaut savoir avant l’incident qui paie quoi.
Il n’existe pas de prix officiel, et les offres vont de la simple sauvegarde au suivi complet avec astreinte. Ce qui fait varier le prix : la technologie du site, le nombre d’extensions, la présence d’une boutique, le délai d’intervention promis et le temps inclus.
Pour donner un repère, et seulement à partir de notre propre expérience (ce n’est pas une étude de marché) : sur un site WordPress de petite entreprise, un forfait de 80 à 150 € par mois couvre en général les mises à jour, les sauvegardes, la surveillance et une heure d’intervention incluse. Une boutique active ou un délai de réaction très court peuvent faire monter ce chiffre.
Si vous comparez plusieurs propositions, alignez-les sur les mêmes lignes, comme pour comparer des devis de site. Regardez surtout si la sauvegarde est externe et si du temps d’intervention est inclus : un forfait moins cher qui n’a ni l’un ni l’autre ne se compare pas aux autres.
À fuir
Questions fréquentes
Aucune loi ne l’impose. Mais un site sous WordPress ou une boutique en ligne qui n’est jamais mis à jour devient vulnérable, et c’est vous qui êtes responsable de votre site et des données de vos clients. Pour un petit site statique, une maintenance légère suffit.
Les mises à jour, les sauvegardes stockées hors du serveur, la sécurité, la surveillance de la disponibilité et un temps de petites modifications. Le contrat doit préciser la fréquence de chaque tâche, le délai d’intervention, le temps inclus, le rapport mensuel et les conditions de sortie.
Oui, si vous faites une sauvegarde avant chaque mise à jour, si vous vérifiez le site après, et si vous savez revenir en arrière quand une extension casse une page. Beaucoup de clients s’en chargent au début, puis délèguent quand le site devient important pour leur chiffre d’affaires.
Oui, si le contrat le permet et si vous avez les accès. Vérifiez le préavis, demandez la dernière sauvegarde complète et les identifiants administrateur, et assurez-vous que le domaine et l’hébergement sont à votre nom avant d’annoncer votre départ.
La maintenance garde le site en état : à jour, sauvegardé, surveillé. L’évolution ajoute quelque chose : une page, une fonction, un nouveau design. La première se paie au forfait, la seconde se chiffre sur devis.
Décrivez votre site et ce que vous attendez : cinq freelances au maximum vous répondent avec un prix. Chacun a une entreprise vérifiée. Gratuit, sans compte, sans commission.
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